Au seuil de la salle de réa

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Maissa Boutiche/

Au seuil de la salle de réa
Les proches des alités,
Patients, attendent, l’heure de la visite
Le cœur dans la main,
Les pensées errantes,
Interpellent le vide et le silence,
L’atmosphère lourde
Et sous le masque la respiration
Est suffocante

Au seuil de cette porte close
Beaucoup de rêves et de désirs
Semblent internés, dans une prison
S’accrochent à la vie, en
Espérant
Revenir à la demeure, parmi leurs proches

Mon âme erre dans tous les sens
Perdue est son chemin
Fuie en silence
Elle se faufile dans le ciel nuageux
Guette le timbre d’une voix, le son d’un pas
Et la silhouette de son aimant
Qui lui manque

Au seuil de la porte fermée
Je guette une main, pour ouvrir enfin
Cette porte qui me sépare de mon Sultan
Et apaiser mon état d’âme
Qui se noie dans la souffrance !

Après une demi-heure d’attente
Je voyageais d’une rive à une autre
Sur les aiguilles, du temps
Où, épuisée par les événements
Et je me sens faible et impuissante !

La porte s’ouvre enfin
Et une fois à l’intérieur de la salle de réa
J’avance, à petit pas, sans faire de bruit,
Seul le battement de mon cœur, angoissé
Par la peur de l’inconnu, se débat
A son chevet, je regarde ma vie, passait
Et mon présent
Et ce corps, qui dans un sommeil, agité
Allongé sur le lit blanc,
Ouvre les yeux, puis s’absente,
Je me demande :
Comment va- il ?
S’est il, amélioré son état, depuis son hospitalisation?
Va t’il me connaître, me parler, me dire, enfin,
Ce qui lui fait, mal ?
Et ce qui se passe?
Mais la question clé reste, sans réponse

Lourd est le silence régnant,
Mortelle est la douleur, qui harcelle
Et geôlier, le temps douleur, qui s’écoule
Muets sont les instants,
Qui passent, qui de leur poids, nous écrasent

Maissa Boutiche, Ain Benian, Alger, Algérie, le 15 janvier 2021

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